Il était une fois une petite étudiante en médecine à qui prenait l’envie d’aller voir de l’autre côté de l’Atlantique… Pleine d’entrain, elle se saisit de son clavier et s’engage dans l’aventure… Et comme on sait jamais ce qui passe à travers la tête des gens, elle se dit que d’autres pourraient avoir anvie de suivre son exemple et décide donc de raconter son parcours :
Etape n°1 : Construire son projet : Winnipeg la patrie de Winnie l’ourson, ça peut être sympa non ? Et qui à aller au Canada, faut passer par le Québec ! Mais au fait dans les 2500 kms séparant Montréal de Winnipeg, c’est les grands lacs un peu de tourisme, c’est tentant !
Etape n°2 en Janvier : Remplir un dossier de Visiting Elective dans une Université Canadienne avec une fiche sanitaire gentillemment remplie par un PH du Service de Maladies Infectieuses et une autorisation du Doyen saisie au vol au milieu de la cour de la Faculté.
Etape n°3 en Avril : Convaincre la Faculté d’Angers de la laisser partir même si elle a fait sa demande avec 3 mois de retard et rendre un dossier… en Français, ça change !
Etape n°4 en Mai : Obtenir son permis de travail en passant une visite médicale à 70 € à l’autre bout de la France accompagnée d’une radiographie thoracique et d’un bilan sanguin et urinaire. « Vous avez dit Sécurité Sociale ? Mais vous rêvez Mademoiselle ! » ou comment prendre conscience du prix de la médecine !
Etape n°5 en Mai/Juin : Compléter son dossier pour l’université canadienne avec des formulaires, encore et toujours des formulaires, une copie de son casier judiciaire traduit en Anglais par un traducteur assermenté s’il vous plaît et le règlement des frais d’inscription : 25 $ (et 24 € de frais !) par virement bancaire pour l’inscription au Collège des Médecins et Chirurgiens et 166,60 $ en chèque de banque… l’occasion d’apprendre à sa conseillère bancaire que Strasbourg peut, pour la modique somme de 35 €, éditer des chèques de banque en devises étrangères…
Etape n°6 : Remplir les modalités pratiques : acheter son billet de train, acheter son billet d’avion transatlantique (mais pourquoi tout est toujours hors de prix l’été ?), réserver quelques nuits d’auberge de jeunesse pour atterrir tranquillement et sereinement, réserver une chambre dans la résidence universitaire de l’hôpital,…
Etape n°7 : Pleurnicher auprès de l’Université, du Conseil Général et du Conseil Régional et découvrir qu’un stage d’un mois n’est pas considéré comme suffisant pour prétendre à la moindre bourse.
Etape n°8 : Récupérer parmi son entourage tous les contacts possibles et imaginables, fiables ou pas, actualisés ou non : le cousin d’une copine, y’à pas de soucis… un copain d’enfance du Brésil d’un ami gabonais, je prends… les contacts d’un frangin d’une coloc qui a passé son bac sur place, ça me va…
Etape n°9 : Envoyer des mails pour avoir des informations, s’engager sur de fausses pistes, découvrir qu’elle peut écrire en Anglais et que les gens peuvent même la comprendre, trouver des potes pour l’aider à passer des coups de fil puis oser sortir quelques mots dans la langue de Shakespeare,…
Etape n°10 : Rêver…