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  • : Le blog de Coloc 57

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Jeudi 10 juillet 2008

Fêter son anniversaire en garde aux urgences... Idée saugrenue... Mais qui permet de commencer les festivités très rapidement : gâteau à 4h du mat', croissants à 7, re gateau pour le petit dèj et comme après on enchaine avec la matinée de stage, on remet ça à midi !

Le retour à la Maison est difficile... surtout qu'actuellement elle s'est vidée de tous ses occupants, parti encadré la jeunesse scoute en me laissant le chat et ses odeurs... mais sitot la porte passée, les sms, le répondeur, msn, le téléphone (Un hommage particulier aux 40 louveteaux qui ont entonné un brillantisme 'Joyeux Anniversaire Noémie'... Vous vous souvenez du fameux 'Happy Birthday Mr President' ? Ba là c'était pareil mais pour moi !) et ma boite mail se charge de me rappeler que l'on est pas seule dans ce monde et que la famille et les amis ne sont pas loin, à quelques portées d'ondes ou de coups de pédales.

Pour la suite, les résultats m'ont fait un joli cadeau en m'offrant le droit de passage en 6ème année et la journée s'est terminée par le retour à l'essentiel : les gâteaux !

Par Coloc 57 - Publié dans : Maison du Bonheur
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Dimanche 6 juillet 2008

La colocation, c’est partager ses journées, ses petites joies, ses grandes peines, ses amis, ses galères,... mais c’est aussi partager le litre d’huile, la chauffeuse voire les paires de chaussettes !

Et puis, les gens attirant les gens, la place ne demandant qu’à être comblée, notre maison s’est petit à petit remplie de tout un tas d’objets plus ou moins utiles, plus ou moins encombrants, plus ou moins volontairement.

Alors, parce qu’on est dans le monde de l’avoir mais qu’on ne regarde pas assez ce qu’on nous entoure, parce qu’en nous donnant de leurs possessions, les gens laissent un peu d’eux avec nous, parce que toutes ces petites choses agrémentent notre quotidien, je voudrais leur rendre hommage, à toutes ces choses pour lesquelles vous avez eu la bonté de nous faire confiance :

Un petit pensée affectueuse donc pour le canap’ de Félix, le bambou des voisins des parents de Nono, la table de Thomas, le bar des parents de Claire qui agrémente nos apéros, les télés de Lulu puis Clément puis Nicolas qui nous habituent peu à peu à la télévision haute qualité, les casseroles de David sans lesquelles les riz familiaux se sentiraient à l’étroit, la machine à laver d’Elodie,  les plats oubliés des soirées dont on prend grand soin, les fringues qui complètent nos garde-robes, les chats et lapins d’étudiantes en médecine parties en vadrouille, les meubles de maine et ligériens, de mayennais ou de sarthois, la chaîne de Jean-Fab,...

Par Coloc 57 - Publié dans : Maison du Bonheur
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Samedi 5 juillet 2008

L’amitié entre un garçon et une fille... possible ou pas ? Eternel débat...

En même temps, et si c’était de fait la situation dans laquelle on veut créer cette amitié qui posait problème plus que la relation en elle-même ?

Parce qu’entre l’amitié avec le copain de sa meilleure amie, l’amitié avec son ex, l’amitié à défaut d’autre chose,... faut pas s’étonner quand il y en a un des 2 auquel ça pose problème !

Par Coloc 57 - Publié dans : Réflexions...
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Samedi 5 juillet 2008

J’v’ai pété un câble. Le bouinage sur internet pour comali c’est fait, la relecture de mes 128 texto aussi, de même que mes programmes post partiels, il me reste la moitié d’un gâteau et si je bouge, je culpabilise. O révisions mes amours… Le 10 décembre 2006 11:00 de N à A et le 9 Juin 2007 10:26 de A à N…

Elles reviennent tous les 6 mois et entrainent dans leur sillage des jeunes plus ou moins stressés par le chemin restant à parcourir… Elles ? Les hirondelles ? Mais non les révisions qui parsèment la vie de milliers d’étudiants…

Chez l’étudiant en médecine, qui est parti pour un minimum de 10  ou souvent 12 exemplaires voire même plus si affinités, et bien :

C long les journées de révisions… 15 Juin 2008 16:06

Mais on se dit que bientôt :

Nous voici arrivées à ce jour que tu rêvais tant, là encore tout vient à point à qui sait attendre… Hier soir je suis allée au théâtre (eh oui, faut bien des astuces pour savoir attendre plus facilement) ! 10 Juin 2007 09:31

Enfin, une fois la date des partiels arrivée, on se console comme on peut :

Bonne nouvelle : il ne reste plus une seule matinée de révision avant Juin ! 10 Février 2008 13:38

Maintenant, pour les révisions de partiels, c’est terminé et bien terminé… enfin bon, ne pas crier victoire trop vite car il nous reste la bagatelle du concours national de l’internat, le master 2, la thèse de médecine, voire le clinicat, le concours de PH,…  

Etudes de médecine mes amours…

 

Par Coloc 57 - Publié dans : Réflexions...
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Lundi 23 juin 2008

Bon, on pourra toujours me reprocher que ce n’est pas une aventure automobile. Et oui, je vais faire une infidélité à mon AX adorée mais autant elle m’a confié adorer les vacances à la mer autant elle ne se sentait pas le courage de se faire la transatlantique… Mais je m’égare… Inquiétude maternelle nous disions donc…

« Il est à quelle heure ton train ? Il y en a un autre avant que ton avion décolle ? Comment tu vas à l’aéroport ? Tu crois que 3 heures de délai entre Montparnasse et le début de l’heure d’enregistrement à Orly ça suffit ? »

Les voyages s’accumulent et pourtant on n’empêchera pas une Maman de s’inquiéter comme une Maman… Et pourtant…

Et pourtant j’ai survécu à l’explosion d’une bombe dans le métro de la gare dont je partais à 14 ans, je suis revenue du Togo avec mon sac de cabine et un djembé à la main car ma valise avait décidé de s’offrir du rab de vacances, j’ai eu 5 décalages d’horaires successifs pour un seul voyage aller-retour Paris-Bamako, je devais partir pour l’aéroport avec le seul train annulé par les grèves de cheminots de la journée, j’ai décollé de Rome vers Sofia, survolé Sofia sous le brouillard et suis revenue à Rome, j’ai attendu dans un bus milanais qu’on rajoute du carburant dans l’avion, ‘au cas où’....

Ne t’inquiète pas Maman, cette fois ci tout se passera bien… mais juste au cas où… je t’aime.

Par Coloc 57 - Publié dans : Aventures automobiles
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Dimanche 22 juin 2008

Départ en Roumanie pour un stage de 3 mois pour une jeune étudiante angevine... on a été enchanté de l’apprendre…

Oui, sauf que l'étudiante en question a un chat... Mais pourquoi c'est toujours à nous qu'on pense pour se genre de chose ?

Et avec la déesse de la gentillesse à la maison, pas moyen d’y couper : Nous voilà avec un mignon minou noir pendant un mois… Un mois ? Et oui parce qu’après il n’y a plus personne chez nous, alors il ira chez les parents de sa propriétaire avant le retour de son voisin mais celui-ci a une copine et un pote allergique aux poils de chat, donc ce sera le retour à la maison… Compliqués nos plans ? Comment ça compliqués ?

L’avantage c’est qu’on commence à être rodés : sortir les affiches ‘Attention aux chats’, « Ferme ta porteeeeeeeeeeeeeuuuuuuuuu ! », se plier en deux pour lui chopper une patte lorsqu’il se pelotonne sous un lit au moment où on part, subir sans céder… ou pas… les miaulements de 6h du mat’ à la porte de la chambre,…

Bienvenue à la Maison du Bonheur Tsuki !!!

Par Coloc 57 - Publié dans : Nos amis les animaux
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Samedi 21 juin 2008

Vous n’auriez pas un vélo, un K-way, un parapluie ou une carte d’Angers ? Ma sœur fait un stage d’une semaine et aurait besoin d’une voiture… Je pars 2 mois à Casablanca et je lâche mon appart, vous aurez une télé plus grande, des petits meubles sympas et même des casseroles, ça peut toujours servir !  Je ne suis pas là pendant une semaine ou 3 mois, vous ne pourriez pas me garder Prosper ou Tsuki, le chat ou le lapin ? Je sais bien que tu es au bloc mais t’as pas une copine qui pourrait m’emmener à la gare dans les 5 minutes ?

A la maison du Bonheur rendre service tient de la philosophie de vie. Rien ne nous donne plus le sourire que de se casser en 4 pour faciliter la vie, les problèmes ou les casse-têtes des potes.

Et pourtant, on n’arrive pas à perdre les réflexes du petit français pure souche qui a toujours peur d’être de trop, de ne pas être là au bon moment. Le « J’te dérange pas ? » systématique au téléphone : si tu dérangeais, j’aurais pas répondu non ?  La petite précision maillistique qui « Si tu peux pas le faire, t’inquiètes pas y’a pas de soucis. » : Tu n’as pas assez confiance en moi pour être obligé de le dire ?

La vie serait tellement plus simple pour tous si on partageait ses contacts, son temps, ses muscles, sa chambre d’ami, sa voiture,… avec ceux qui nous entourent et qui en ont besoin.

Mais la communauté a aussi ses limites… laisser partir sans autorisation la voiture dont on est propriétaire pour un WE scout quand on avait envie de rentrer voir ses grands-parents… rêver et faire rêver d’un voyage puis s’en retrouvé déposséder…

Partager oui mais sans sen souffrir… Vivre en communauté oui mais ne pas imposer le rythme de celui qui est le plus rapide… Aider les autres oui mais sans s’y perdre….

Par Coloc 57 - Publié dans : Maison du Bonheur
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Vendredi 20 juin 2008

Il était une fois une petite étudiante en médecine à qui prenait l’envie d’aller voir de l’autre côté de l’Atlantique… Pleine d’entrain, elle se saisit de son clavier et s’engage dans l’aventure… Et comme on sait jamais ce qui passe à travers la tête des gens, elle se dit que d’autres pourraient avoir anvie de suivre son exemple et décide donc de raconter son parcours :

Etape n°1 : Construire son projet : Winnipeg la patrie de Winnie l’ourson, ça peut être sympa non ? Et qui à aller au Canada, faut passer par le Québec ! Mais au fait dans les 2500 kms séparant Montréal de Winnipeg, c’est les grands lacs un peu de tourisme, c’est tentant !

Etape n°2 en Janvier : Remplir un dossier de Visiting Elective dans une Université Canadienne avec une fiche sanitaire gentillemment remplie par un PH du Service de Maladies Infectieuses et une autorisation du Doyen saisie au vol au milieu de la cour de la Faculté.

Etape n°3 en Avril : Convaincre la Faculté d’Angers de la laisser partir même si elle a fait sa demande avec 3 mois de retard et rendre un dossier… en Français, ça change !

Etape n°4 en Mai : Obtenir son permis de travail en passant une visite médicale à 70 € à l’autre bout de la France accompagnée d’une radiographie thoracique et d’un bilan sanguin et urinaire. « Vous avez dit Sécurité Sociale ? Mais vous rêvez Mademoiselle ! » ou comment prendre conscience du prix de la médecine !

Etape n°5 en Mai/Juin : Compléter son dossier pour l’université canadienne avec des formulaires, encore et toujours des formulaires, une copie de son casier judiciaire traduit en Anglais par un traducteur assermenté s’il vous plaît et le règlement des frais d’inscription : 25 $  (et 24 € de frais !) par virement bancaire pour l’inscription au Collège des Médecins et Chirurgiens et 166,60 $ en chèque de banque… l’occasion d’apprendre à sa conseillère bancaire que Strasbourg peut, pour la modique somme de 35 €, éditer des chèques de banque en devises étrangères…

Etape n°6 : Remplir les modalités pratiques : acheter son billet de train, acheter son billet d’avion transatlantique (mais pourquoi tout est toujours hors de prix l’été ?), réserver quelques nuits d’auberge de jeunesse pour atterrir tranquillement et sereinement, réserver une chambre dans la résidence universitaire de l’hôpital,…

Etape n°7 : Pleurnicher auprès de l’Université, du Conseil Général et du Conseil Régional et découvrir qu’un stage d’un mois n’est pas considéré comme suffisant pour prétendre à la moindre bourse.

Etape n°8 : Récupérer parmi son entourage  tous les contacts possibles et imaginables, fiables ou pas, actualisés ou non : le cousin d’une copine, y’à pas de soucis… un copain d’enfance du Brésil d’un ami gabonais, je prends… les contacts d’un frangin d’une coloc qui a passé son bac sur place, ça me va…

Etape n°9 : Envoyer des mails pour avoir des informations, s’engager sur de fausses pistes, découvrir qu’elle peut écrire en Anglais et que les gens peuvent même la comprendre, trouver des potes pour l’aider à passer des coups de fil puis oser sortir quelques mots dans la langue de Shakespeare,…

Etape n°10 : Rêver…

 

Par Coloc 57 - Publié dans : Un peu de Géo
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Vendredi 20 juin 2008

Le monde est à portée de main : Un clic de souris, des doigts qui s’agitent frénétiquement sur le  clavier et nous voilà partis aux quatre coins de la planète… 

« J’me suis trouvé un plan pour l’Afrique du Sud… J’ai une piste pour le Cambodge.… Je suis pris pour la Nouvelle Zélande... Ils m’ont refusé pour le Canada, je retenterais… Je pars à Séville... A moi Bristol et ses anglaises, je vais leur montrer qui est le roi du french kiss... Erasmus en Allemagne pendant 1 an, dès septembre… Je  tente un truc pour l’Irlande… 1 mois en Inde à Calcutta pour donner un coup de main dans les léproseries de Mère Thérésa… Je reviens de Casablanca dans 15 jours, je vous raconterais tout… Tu verras au Mali c’est comme ça, tu pourras donner ça à Sogoba... T’aurais pas des contacts pour le Bénin... Regarde les photos de Mayotte, c’était magique... New York c‘est GRAN-DI-OSE ! C’est à voir au moins une fois dans sa vie... Nous, on a fait la Chine, les Etats-Unis, la Lybie, la Colombie… On s’envole pour la Roumanie Dimanche ! voilà l’adresse du blog…»

Depuis quelques temps, les projets à l’étranger fusent dans tous les sens, à en donner le tourni. Arrivés tout juste au quart de notre vie, nous avons déjà vadrouillé en Europe, en Afrique,  un petit aperçu de l’Amérique, un coup d’œil en Asie… C’est si enthousiasmant,  si enrichissant, si enivrant de pouvoir se projeter à des milliers de kilomètres de son train-train quotidien. On revient avec une multitude de contacts, des gens « super sympas » rencontrés ça et là au gré des soirées, des visites et des vadrouilles dans le pays. Des invitations, des promesses  lancées à la volée pour remercier nos hôtes si chaleureux. Que peut on leur offrir de plus quand on est loin de chez soi, sans nos repères et sans trop de sous ? Un grand merci, une vraie reconnaissance de leur hospitalité, et un « si vous venez en France, ma porte vous est grande ouverte ! » très sincère.

Les rencontres se succèdent à toute vitesse, on se souvient d’un visage, d’un regard, d’une phrase, d’une odeur, d’un plat… « Tu ne peux pas repartir sans avoir vu ça…et ça…rooooh ! t’as pas visité ça ? je t’y emmène le we prochain ! »

Ça fuse, ça virevolte en tout sens dans nos esprits confrontés à une autre culture. C’est  à ce moment que l’esprit zappe : on zappe de pays, on zappe les personnes, on zappe les problèmes, on zappe, on zappe et on re-zappe. On tire des conclusions hâtives sur un pays, ses habitants,  son mode de vie, sa culture, son histoire. Notre esprit surfe sur l’apparence des gens, sur  la vitrine du pays, sur ce qu’on a bien voulu nous montrer ou nous dire, sur ce qu’on a bien voulu entendre, sur ce qu’on a pas cherché à comprendre.

C’est tellement plus facile, plus agréable, plus rapide de voyager ainsi. On profite, c’est sympa, on se marre, on part avec nos petits souvenirs pour la famille et les amis et notre point de vue sur le pays.

Faut-il aller chercher plus loin ? pas forcément… mais peut être que c’est intéressant  d’aller plus au fond des choses. Et d’éviter de revenir en disant « Les colombiens sont comme ça... Madagascar, ça tient en trois mots… L’Europe de l’Est,  c’est ça….. ». On résume, on compacte, on réduit le pays à une impression générale née de la rencontre avec quelques individus, sur une courte période.

Cette tendance naturelle à raconter une expérience en quelques mots, devrait peut être se faire avec humilité, en n’oubliant pas de rappeler que ce n’est qu’un bref aperçu, et un ressenti très subjectif.  Cela demande surement un petit effort, mais c’est sans doute là que réside la quintessence de la réflexion du voyageur.

Pour finir mon petit blabla, je pense que c’est important de se dire que ce que l’on recherche dans les voyages, on peut le vivre tout près de chez soi : rencontrer des gens, découvrir une culture, échanger sur les problèmes d’un pays,… mais voyager chez soi, ça le fait pas trop, c’est pas drôle, on croit qu’on connaît déjà, parce que ça fait 20 ans qu’on y habite, et à l’heure où tout le monde bouge, on se dit pourquoi pas moi, en plus « J’ai toujours rêvé d’aller en Alaska !»

Et je constate que je connais sans doute moins bien la Sarthe que le Mali, j’en sais moins sur mon voisin en France que sur ma voisine au Canada, je connais plus le Danube que la vieille allemande qui m’a hébergé au bord de ce fleuve, je connais moins bien ma grand-mère que la tante de la mère d’un copain qui m’a raconté sa vie…

Et pourtant, la Sarthe, c’est ma terre, mes attaches, mon histoire... mon voisin a sans doute pleins de choses à me raconter sur la maison que j’occupe, sur son boulot, sur ses projets…la vieille allemande rêve sans doute de voir jusqu’où se faufile l’eau qui passe au pied de chez elle… ma grand-mère m’en dirait sûrement beaucoup sur mes aïeux,  leur vie il y a 1 siècle, leurs relations, la longue ligne qui fait que je suis ici aujourd’hui…

A l’heure où on enfile les destinations comme les perles sur un collier, avides de découverte, de rencontres et « d’expériences enrichissantes », peut être faut il apprendre à redécouvrir la simplicité d’une discussion avec son voisin, d’une ballade avec son frangin, la richesse de son propre pays et de ses habitants que l’on va parfois chercher ailleurs, à des milliers de kilomètres, en envoyant en l’air des dizaines de planète parce que le plaisir de traverser le monde de part en part ne compte pas les tonnes de kérosène...

Par Coloc 57 - Publié dans : Un peu de Géo
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Vendredi 20 juin 2008

Ouahou ! Des soirées comme celle d’hier, on en reprendrait bien tous les jours… ça commence toujours un peu comme ça… il faut un alibi, plus ou moins bidon, pour se dire qu’on peut rameuter du monde à la maison… en fait, y a jamais besoin de se creuser trop la tête. ..

Une nouvelle équipe de Comali (c’est keua ? : www.comali.com) part dans quelques jours pour la plus grosse fourmilière du Mali : Bamako l’hyperactive. Comme on l’avait fait  l’année dernière, on s’est dit que ce serait sympa que ces comaliennes puissent discuter, avant de se jeter dans la bouillonnante capitale, avec quelques énergumènes « made in BKO ». Mails, coups de fil, et invitations lancée à la volée dans la rue au gré des rencontres… et voilà la cour de la Maison du Bonheur qui se remplit peu à peu de plein de gens tous plus sympas les uns que les autres... des sages-femmes et encore des sages-femmes, et des médecines qui arrivent au compte goutte, et des juristes, et des économistes, un statisticien puis un autre matheux, une pharma en partance pour l’Inde, quelques pélerins de passage qui nous amènent les restes de la soirée du bout de la rue (tarte à la ratatouille, jamais vu ça! Le brevet est déposé !)

Le barbec’ tarde à prendre… méthode scoute versus méthode malienne pour allumer le charbon pétaradant d’Eco + ... ça pue, ça pète, ça fume, ça saupoudre de cendres les têtes des convives…mais ça prend pas. Vas y souffle là, nan pas comme ça, attend… bouge pas, je t’amène du papier, du carton, de l’essence… NAN ! sans tout ça j‘y arriverais ! foi de moi !

L’instinct primitif reprend le dessus, les mains dans le charbon, les peintures de guerre, les cheveux en vrac,  l’œil humide, rouge et hagard, la goutte au nez, le souffle court de celle qui mange plus de cendres qu’elle n’en fabrique, et la tête qui tourne gentiment, sans avoir bu un seul verre… quelques bouts de charbon conciliants daignent s’allumer peu à peu… et enfin ça commence à prendre : l’honneur scout est sauf !

Les saucisses  s‘alignent une à une, et embaument l’atmosphère de cette délicieuse odeur estivale. Les conversations s’animent ça et là dans la cour… ça parle de tout, et surtout de Mali. Nicolas, interne en Anesthésie-Réa me raconte son expérience de 3 mois à l’Hôpital National du Point G à Bamako… expérience enrichissante mais difficile : inertie des gens, de l’administration, fatalité, projets ingénieux, découragement, accueil chaleureux, parfois intéressé, lenteur, pause thé à rallonge quadri-quotidienne, désolation devant le manque de moyen,… Un séjour riche, oui, mais aussi l’amertume de voir que les projets de restructuration sont des feux de paille qui suscitent espoir et motivation puis s’éteignent et sèment les cendres de la résignation. Que deviendra le Mali dans 10 ans sans véritable politique d’envergure, sans un travail de fond sur le fonctionnement de la santé… L’organisation existe, les structures de soins sont en place, mais les engrenages grincent à bien des niveaux.

Les générations montantes de jeunes médecins, s’ils sont soutenus, fédérés et qu’ils adoptent une ligne de conduite claire et forte devant le gouvernement, devraient pouvoir changer les choses, amorçant ainsi un long travail de prise de conscience nationale. Inch’Allah !

Par Coloc 57 - Publié dans : Maison du Bonheur
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